LE TOP ALBUM 2024 D’ARCHI POP

TOP 2024 ARCHI POP

Alors voilà c’est la fin de l’année, et ça veut dire que c’est l’heure du Top Album d’Archi Pop !

Une année ma foi bien chargée en terme de (bonnes) sorties, probablement la plus busy depuis l’avant Covid.

C’est donc à mon tour de vous faire mon top album de l’année.

Les règles sont simples, impossible pour moi de classer les artistes réellement, donc je vais vous faire un top 20 par ordre alphabétique histoire de ne pas faire de jaloux.ses.

Ah oui et je ne traiterais que des sorties qu’on a eu la chance d’avoir en main au shop (Donc vous ne verrez ni Mk.Gee ni Clairo ni Tyler, ni Kendrick dans ce top, bien qu’ils soient tous là-haut dans mes écoutes de l’année)

On commence direct !

BONNIE BANANE – NINI

Bonnie Banane va toujours là où on ne l’attend pas, c’est un fait.

On l’a connu dans le RnB indé pendant un bon paquet d’années puis nous a pondu un Ovni Pop, Sexy Planet en 2020 (Ouch l’année du Covid). Et cette année elle nous fait son grand retour avec Nini, aux antipodes du précédent album mais contenant toujours ce qui fait désormais la signature de Bonnie : Une plume qui rend admiratif.

Soniquement, cet album est grandiloquent, part dans tous les sens et fait la part belle à la voix de Bonnie Banane. On aura du mal à vraiment vous coller une étiquette sur le genre de cet album, le mieux c’est encore de l’écouter :

CHANEL BEADS – YOUR DAY WILL COME

Il y a des albums qui te frappent direct et font un bout de route avec toi. Cet album en fait partie pour moi.

Un album d’expérimentations Pop alternatives, impossible à décrire sans vous dire que c’est un mélange de sonorités électroniques et acoustiques. (Entre tradition et modernité, le Japon, quelqu’un l’a ? )

L’album est court (moins de 30 minutes) et quelques part ça rend l’objet parfait, No filler, que des bons morceaux. Et on aimerait que plus d’albums suivent cette trajectoire.

Bravo pour cette signature d’artiste de la part de Jagjaguwar, qui plutôt que de vivre sur les royalties de leur locomotive Bon Iver, continue de dénicher des artistes prometteurs.

CHARLI XCX – BRAT

Bon, là je ne peux pas faire grand chose pour vous si vous êtes passé.es à côté d’un des plus gros albums de pop de l’année. En revanche, vous pouvez vous rattraper en l’écoutant en cette fin d’année.

Après avoir passé un paquet d’années dans ce qu’on appelle “la classe moyenne” de la pop, ça fait très plaisir de voir que Charli XCX arrive enfin à percer dans le bain des grand.es.

Au delà du succès commercial du disque, c’est aussi un album qui repousse les barrières de la Pop. La consécration de l’hyper pop dans le mainstream. Accompagnée de AG Cook de PC Music, le paysage sonore du disque ressemble tantôt à la bande son d’une rave dans les pays de l’est, tantôt à de la pop des années 2010 (Epoque Ke$ha)

Où Charli va aller après ce raz de marée on ne sait pas, mais on lui souhaite surtout de prendre un peu de repos après cette année folle pour elle.

CORRIDOR – MIMI

Vous serez d’abord attiré.es par la pochette, puis vous resterez pour la musique.

Corridor, groupe Montréalais qu’on pourrait qualifier de Post-Punk (ouh le gros mot ces temps-ci tellement TOUT ce qui sort en rock est post-punk). Mais Corridor c’est tellement plus que ça. Infusez du Post Punk, des synthés, de l’indie Pop et du chant en français sous-mixé, mélangez tout ça, hop, Mimi.

Un album qui n’a jamais vraiment quitté la panière à côté des platines depuis l’ouverture du shop. Pas de skip dans cet album et une variété qui se fait rare dans la production rock actuelle.

Et les lives de Corridor…! Si vous les avez loupés à la Rock School Barbey, shame on you, un des concerts marquants de l’année à Bordeaux.

DANA AND ALDEN – COYOTE, YOU’RE MY STAR

Dana and Alden pourraient rentrer dans cette nouvelle famille de musiciens Jazz Soul. Mais une fois n’est pas coutume, les réduire à cela serait limiter leur créativité. Les deux compères oscillent entre tout un tas de genres associés au groove : Le Jazz & la soul donc, mais aussi le Reggae & la Funk.

C’est une de nos belles découvertes de l’année, grâce au merveilleux réseau de distribution indépendant français qui compte encore quelques passionnés avec l’envie de faire découvrir des pépites peu connues dans nos contrées.

L’album s’avale d’une traite, c’est Jazz sans être pompeux, Pop sans être facile. Must listen !

DAVE GUY – RUBY

Le 1er album solo du trompettiste le plus demandé des US.

Il n’y a qu’à voir la longue liste de ses collaborateurs : The Roots, Sharon Jones, Lee Fields, Amy Winehouse etc…

Evidemment collaborateur proche de Leon Michel, AKA El Michels Affair, accessoirement patron du label Big Crown et producteur de tous les disques qui sortent dans son écurie.

Outre le CV impeccable du type, son album est vraiment surprenant, du premier morceau jusqu’au dernier vous serez pendus aux lèvres de Dave (Les lèvres, la trompette, vous avez compris la blague ?)

C’est un go go, comme littéralement toutes les sorties du label Big Crown d’ailleurs.(plus à ce sujet dans cet article)

DOECHII – ALLIGATOR BITES NEVER HEAL

Cela fait depuis 2022 et son clip pour le single “Crazy” (je vous mets le lien ici, vous êtes pas prêt.es) que je me suis pris le raz de marée Doechii dans la tronche.

Puis comme souvent avec les futures grandes artistes US, d’abord on lui fait toucher les eaux de la Pop pour la tester et voir le niveau de Star Power. Et en général c’est à ce moment que toutes les aspérités de l’artistes sont gommées et que je m’éloigne au passage.

Mais après ces années d’errance Pop, la bouée de sauvetage TDE (Kendrick Lamar, Schoolboy Q, SZA…) est venue sauver Doechii des méandres de la pop mainstream pour la pousser à sortir un album hip hop. Hallelujah !

Le résultat : un album fou, original tout en sonnant old school dans les prods. Très cathartique pour l’artiste qui se libère complétement et nous propose un des meilleurs albums Hip Hop de l’année.

J’ai super hâte de voir ce que le futur réserve pour Doechii qui prend doucement la place de Tyler the Creator en meuf. (oui on emploie les grands mots)

FABIANA PALLADINO – FABIANA PALLADINO

Difficile de parler de Fabiana sans parler du label qui l’a accompagné, le “Paul Institute”, créé par les frères Paul (Jai & Aka) après l’incident du leak de l’album de Jai Paul qui a stoppé net sa carrière. (voici un lien vers l’article des inrocks qui en parle)

Cette écurie de jeune talent a donc travaillé sur le développement de jeunes talents londoniens avec des sensibilités qui se rapprochaient beaucoup.

La première à sortir un album du Paul Institute, c’est donc Fabiana. Une voix 80’s, du RnB infusée de pop.

L’album est tellement tubesque du début à la fin que je ne saurais même pas quel titre vous conseiller ou mettre en avant tellement ils sont tous bien.

Et si le nom “Palladino” vous dit quelques chose, c’est parce que Fabiana est la fille de Pino Palladino, un des bassistes les plus doués au monde, ayant travaillé avec entre autres D’Angelo, Erykah Badu, Tear for Fears, bref du lourd. Et il a également joué sur l’album de sa fille, pas étonnant que l’album groove autant.

GINGER ROOT – SHINBANGUMI

Le premier album concept de cette liste !

Imaginez-vous dans le japon des années 80, c’est l’opulence, les éxecutifs signent des contrats à tour de bras. Et l’histoire de cet album Shinbangumi commence dans ce contexte : Nous suivons Ginger Root dans son grand projet de lancer sa propre société de production “Ginger Root Productions”.

Ginger Root est un artiste multi-disciplinaire qui allie toujours des visuels forts à chacune de ses musiques, c’est pourquoi je vous conseille de faire un tour du côté de sa page Youtube pour regarder ses clips autant qu’écouter sa musique (lien ici)

Côté musical, on est ici sur un cocktail bien vitaminé de chanson anti-déprime qui filent le smile. Et dieu sait qu’on en a tous besoin à l’arrivée de l’hiver.

Qu’attends-tu alors ?

HIatus KAIYOTE – LOVE HEART CHEAT CODE

La carrière des australiens de Hiatus Kaiyote est exemplaire, c’est tout simplement un sans faute sur l’intégralité de leur discographie.

Ce dernier album n’y fait pas exception. Les couteaux bien aiguisés de composition du groupe atteignent un nouveau sommet et le groupe se permet de sortir un peu de la sauce qui les a fait connaître : la Neo-Soul.

Alors du coup est-ce qu’on pourrait qualifier ce nouveau mode de “Progressive Neo-Soul” ?

Quel que soit le qualificatif pour cet album, on est ici en présence d’un groupe à l’alchimie parfaite, de l’instrumentation à la voix cotonneuse de la chanteuse. 10/10

JPEGMAFIA – I LAY DOWN MY LIFE FOR YOU

Je ne vais pas vous cacher que JPEGMAFIA, Aka Peggy pour les intimes, fait partie de la short list de mes artistes favoris de ces 10 dernières années.

En tant que nerd de musique, je cherche toujours à trouver des trucs que je n’ai jamais entendu. Et Peggy en est la représentation parfaite : Des techniques de production qui dépassent la logique, des choix de samples tous plus dingos les uns que les autres.

Le premier coup de marteau vers un élargissement de son public avait été donné avec l’album Collab entre Danny Brown et lui ( Mon album pref de 2023, de loin ) mais avec ce nouvel opus solo, Peggy a réussi à créer son album le plus cohérent du début à la fin tout en gardant la variété d’instrus qui le caractérise.

Est-ce sa rencontre avec Ye qui lui a fait switcher sa vision ? (oui Peggy est fan de Kanye, il ne cite que lui comme principale influence).

Aucune idée de l’influence de Ye, mais si vous voulez découvrir l’artiste hip hop le plus créatif de ces dernières années, cet album est un bon début.

LORD$ – SPEED IT UP

Le disque de “Jazz Pop” que je n’aurais pas pensé pouvoir sortir de cerveaux français.

La comparaison obligatoire avec le label Brainfeeder (Louis Cole, Thundercat…), pour l’inventivité, la liberté et le groove, tout simplement du jamais vu pour du Jazz français.

Mais ne prenez pas peur sur le qualificatif “Jazz”, c’est bien plus moderne que ça, et si on les qualifie de Jazz, c’est simplement qu’ils font plus de notes que de la pop basique.

Le groupe est en train de cartonner au Japon, Pays amateur de Jazz en dehors des sentiers battus, alors svp, prenez le temps d’écouter le groupe, allez les voir en concert, parce que je ne veux pas qu’une fois de plus, nos talents partent à l’étranger.

MALVINA – MERCEDES

Dans la bio de Malvina on peut lire  : Pianiste, Compositrice, Arrangeuse, Productrice, Chanteuse, Pole Dancer, Cheffe d’Orchestre & Domina. Rien que ça. Une Queen aux nombreux talents.

Son album Mercedes fait parti de nos claques instantanées de l’année, ça part dans tous les sens avec une énergie incroyable. De la pop ? De l’électro ? De l’hyperpop ? Du métal ? Un peu de tout ça en même temps. On a tellement de mal à la placer dans un bac qu’on l’a mit dans “l’alternative pop” mais c’est tellement plus que ça.

Il faut envoyer du Love à ces artistes françaises bourrées de talent qui repoussent les barrières des genres.

NALA SINEPHRO – ENDLESSNESS

Nala Sinephro a apprit la Harpe en Belgique tout en se butant de musique électronique. Un cocktail original qui nous donne une musique qui dépoussière le genre obscur qu’est le Jazz Ambient.

Si vous êtes passé.e à côté de son premier album, Space 1.8, dans la lignée du sublime album de Floating Points & Pharoah Sanders, je vous le recommande chaudement. Un monde où le Jazz à la harpe se conjugue avec des synthés modulaires, et le résultat est sublime.

Endlessness, son dernier disque, est sa première pièce composée pour un orchestre. Nala passe un nouveau step et agrémente sa musique de nouvelle sonorité, et spoiler, c’est toujours aussi bon.

NXWORRIES – WHY LAWD?

Sur la pochette, 2 chèvres, ou Goat en anglais, et ce n’est pas un hasard puisque les 2 membres du groupe, Anderson .Paak & Knxledge, sont des GOAT (Greatest of all time) chacuns dans leur discipline.

Nxworries, c’est avant tout un projet de potes, Knxledge à la production, avec son style de sampling inimitable et .Paak au Chant / Rap toujours aussi percutant.

Leur premier album Yes Lawd! est un de mes classiques instantané, et ce dernier album est tout aussi bon, avec une profondeur supplémentaire : Anderson .Paak a divorcé après bien des années avec son ex. Cet épisode donne de la profondeur à ses textes qui auparavant étaient pour le moins “légers”.

Un groove de BZ, un swag phénoménal, et quelques invités de marque (Coucou Snoop), bref ca serait criminel de ne pas faire honneur à cet album.

SCHOOLBOY Q – BLUE LIPS

Il va falloir s’atteler à envoyer ses fleurs à Schoolboy Q tant qu’il nous sort des albums.

Trop longtemps mit dans la classe moyenne des rappeurs et pourtant nous fournissant parmis les albums Hip Hop US les plus inventifs sortis ces dernières années

Et ce Blue Lips n’y fait évidemment pas exception. Le swag de Schoolboy coule sur des instrus toujours aussi variées, allant du Jazz à des choses plus percussives.

Que quelqu’un donne un Grammy à ce type bordel.

THEE HEART TONES – FOREVER & EVER

Dés le morceau d’ouverture vous comprendrez pourquoi j’ai mis cet album dans le top.

Un combo gagnant : la voix de coton de la chanteuse combiné à des instrumentations soul rétro, le tout enrobé d’une esthétique chicanos de haut vol.

Parce que oui, ce groupe est originaire de LA et sont tous d’origine hispaniques, d’où les visuels de qualité de l’album.

Et si tu as tout bien suivi, tu remarqueras qu’une fois de plus dans ce top, il s’agit d’une sortie Big Crown, le nouveau seau de qualité pour tout ce qui sort en Soul rétro-mais-moderne depuis quelques années. Toujours Leon Michel à la production, bref banger. Une écoute et vous serez hooked.

TRAUMA RAY – CHAMELEON

Et si My Bloody Valentine & Deftones avaient un enfant ensembles ?

Trauma Ray répond à cette question avec Brio. Passant de morceaux bien rutilants avec gros son à des ballades slowcore qui feront flotter votre corps.

Le produit parfait de l’attrait retrouvé des nouvelles générations pour le Shoegaze. Et franchement on va pas s’en plaindre, puisque ces ptits nouveaux ont bien ingurgité ce qui se faisait de mieux à l’époque pour s’élever au dessus de la production du passé.

UTO – WHEN ALL YOU WANT TO DO IS BE THE FIRE PART OF FIRE

Une fois de plus, mettre un genre sur ce projet est peine perdue. Sonorités électroniques, avec saveur Pop alternative?

Cela commence à faire quelques années que UTO produit des bangers dans leur coin, et cet opus fait plaisir. Il est libre, mélange l’expérimental avec la pop ( tout ce que l’on demande aux productions d’aujourd’hui finalement )

Ah et si ça ne suffisait pas, les bougres sont français. Alors Cocorico, écoutez cette merveille de production weird et Bangeresque qu’est UTO.

XIU XIU – 13″ Frank italian stiletto with bison horn grips

Ca faisait depuis “Dear God, I Hate Myself” (Une dizaine d’année il me semble) que je n’avais plus vraiment prété attention aux sorties de Xiu Xiu, qui sombrait à chaque nouvelle sortie un peu plus dans l’expérimental avec très peu de bouées de repère dans leur musique.

Mais cet album change tout. Sur cet opus le groupe garde son côté foutraque et expérimental mais revient aux fulgurences du passé, des titres comme “Common Loon” vous attrape direct, l’album se tient du début à la fin sur ses 9 titres et un sentiment de danger permanent qui vous guette est ressenti dans l’album.

Et waow l’artwork du disque…

Et voilà pour le top album d’ARCHI POP 2024 !

C’était une belle année pour la musique, et la 1ère année pour Archi Pop, donc forcément ces disques resteront importants pour moi des années durant.

Si vous avez la flemme d’écouter chaque albums individuellement, je vous ai concocté une playlist Spotify avec mes titres favoris de chaque album, afin de faire votre choix dans ces 20 sorties incroyables.

Là voici :

Et du coup toi, c’est quoi ton album pref de 2024 ?

Arthur de Archi Pop.